L’Anycubic Chiron s’impose comme une référence incontournable dans le segment des imprimantes 3D grand format accessibles. Avec son volume d’impression XXL de 400 x 400 x 450 mm, cette machine cible les makers ambitieux et les professionnels qui cherchent à produire des pièces volumineuses sans exploser leur budget. Lancée en 2018, la Chiron a marqué l’entrée d’Anycubic dans la catégorie des imprimantes de bureau à grande échelle, un territoire jusqu’alors dominé par la célèbre Creality CR-10. Après plusieurs années sur le marché et des milliers d’unités vendues, il est temps d’analyser en profondeur ce que cette machine offre réellement, ses forces indéniables, mais aussi ses faiblesses structurelles que tout acquéreur potentiel doit absolument connaître avant d’investir.

Caractéristiques techniques de l’anycubic chiron

La fiche technique de la Chiron révèle une machine conçue pour répondre aux besoins d’impression de grandes dimensions tout en conservant une précision respectable. La structure repose sur un châssis en profilés aluminium qui assure une rigidité convenable pour un modèle de cette envergure. La carte mère Trigorilla, développée en interne par Anycubic, offre l’avantage non négligeable de drivers moteurs remplaçables sans soudure, une caractéristique appréciable pour les utilisateurs souhaitant effectuer des upgrades ultérieurs.

Volume d’impression XXL de 400 x 400 x 450 mm

Le principal argument de vente de la Chiron reste incontestablement son volume d’impression colossal. Avec 72 litres d’espace disponible, cette imprimante vous permet de réaliser des projets que 90% des imprimantes domestiques ne peuvent tout simplement pas accommoder. Pour mettre cela en perspective, vous pouvez imprimer un casque de moto grandeur nature en une seule pièce, ou produire simultanément plusieurs dizaines de petits objets lors d’une impression batch. Ce volume surpasse celui de la CR-10 Smart et se positionne au même niveau que des machines significativement plus onéreuses. La hauteur de 450 mm constitue un atout majeur pour les projets verticaux comme les vases décoratifs, les lampes design ou les prototypes fonctionnels de grande taille.

Extrudeuse titan et hotend haute température

L’Anycubic Chiron intègre une extrudeuse Titan réputée pour son couple élevé et sa capacité à gérer efficacement les filaments flexibles. Cette extrudeuse à double engrenage réduit considérablement les risques de sous-extrusion et permet de maintenir une alimentation constante même lors d’impressions prolongées sur plusieurs dizaines d’heures. Le hotend peut atteindre une température maximale de 260°C, ce qui ouvre la porte à l’impression de matériaux techniques comme l’ABS, le PETG, et même certains filaments composites chargés en carbone ou en métal. Le plateau chauffant monte quant à lui jusqu’à 110°C, une température suffisante pour la plupart des applications courantes, bien que certains matériaux exigeants comme le nylon auraient bénéficié d’une capacité thermique supérieure.

Écran tactile TFT couleur 3,5 pouces

L’interface utilisateur de la Chiron se distingue par son écran tactile TFT couleur de 3,5 pouces, une amélioration notable par rapport aux écrans LCD monochromes que l’

on retrouve encore sur de nombreuses imprimantes 3D d’entrée de gamme. L’ergonomie est correcte : les menus sont clairs, les icônes suffisamment explicites et la réactivité de l’écran reste bonne, même après plusieurs heures d’utilisation. Vous pouvez lancer une impression depuis la carte SD, ajuster la température, la vitesse ou encore déplacer les axes en quelques appuis. En revanche, l’interface reste assez basique comparée aux firmwares modernes comme Klipper ou certaines déclinaisons enrichies de Marlin : pas de prévisualisation de modèle, peu de statistiques et aucune fonction réseau intégrée par défaut.

Pour un utilisateur débutant, cet écran tactile simplifie malgré tout la prise en main de l’Anycubic Chiron. On évite les boutons rotatifs parfois déroutants et vous gardez un bon contrôle sur les paramètres d’impression essentiels. Les menus de calibration (nivellement, réglages de l’extrudeur, chauffe du plateau) sont accessibles en quelques clics, ce qui réduit le temps passé à chercher dans les sous-menus. Pour un usage intensif ou semi-professionnel, certains regretteront cependant l’absence de fonctions avancées comme la gestion multi-utilisateurs, la file d’attente d’impression ou le monitoring à distance.

Système de nivellement automatique du plateau chauffant ultrabase

L’un des points forts mis en avant par Anycubic sur la Chiron est son système de nivellement automatique matriciel du plateau. Concrètement, l’imprimante sonde 25 points répartis sur la surface d’impression et enregistre les écarts de hauteur pour appliquer ensuite une compensation en temps réel pendant l’impression. Sur le papier, cela permet de corriger les petits défauts de planéité du plateau Ultrabase et de garantir une première couche plus homogène, même sur un volume d’impression aussi vaste.

Dans la pratique, ce nivellement automatique fonctionne correctement pour la plupart des impressions de taille moyenne, mais montre ses limites sur les très grandes pièces occupant presque tout le plateau. Le capteur fait parfois des lectures incohérentes, surtout si la surface en verre a légèrement travaillé avec la chaleur et le temps. Il reste donc indispensable de réaliser un pré-réglage manuel des coins du plateau à l’aide des molettes, puis de laisser le système auto-level faire le « fine tuning ». Vous devrez aussi vérifier régulièrement la carte de nivellement générée (mesh) après un déplacement de la machine ou un démontage important.

Compatibilité filaments PLA, ABS, TPU et PETG

Grâce à sa hotend pouvant monter à 260 °C et à son lit chauffant à 100–110 °C, l’Anycubic Chiron accepte une large gamme de filaments 1,75 mm. En PLA et PETG, la machine offre généralement les meilleurs résultats, avec une accroche très solide sur l’Ultrabase Pro lorsque la température de plateau est correctement réglée. L’ABS reste imprimable, mais l’absence d’enceinte fermée complique la gestion du retrait et des fissures sur les pièces volumineuses. Pour des prototypes techniques en ABS de grande taille, il faudra prévoir un caisson maison ou se tourner vers une autre machine.

Le TPU et les autres filaments flexibles sont annoncés comme compatibles, notamment grâce à l’extrudeuse Titan. Toutefois, la configuration en Bowden et la longueur du tube peuvent rendre le chemin de filament moins contrôlé que sur un direct drive. En clair, il est possible d’imprimer des pièces souples, mais avec des vitesses plus faibles et un réglage minutieux des paramètres de rétraction et de débit. Les filaments bois ou chargés (carbone, métal) sont également envisageables, mais l’utilisation d’une buse trempée est vivement recommandée pour limiter l’usure prématurée de la buse d’origine en laiton.

Performance d’impression et qualité des couches

Au-delà de la fiche technique, ce qui intéresse vraiment un maker ou un professionnel, c’est la qualité d’impression réelle qu’offre l’Anycubic Chiron. Sur une machine de ce gabarit, la moindre vibration ou imprécision mécanique peut rapidement se traduire par du ghosting, des lignes visibles ou des dimensions approximatives. Nous allons donc passer en revue la précision de positionnement, la résolution des couches, la vitesse d’impression et la qualité de surface afin de déterminer si la Chiron tient ses promesses face à d’autres imprimantes FDM grand format.

Précision de positionnement XY à 0,0125 mm

Anycubic annonce une précision de positionnement de 0,0125 mm sur les axes X et Y, et de 0,0020 mm sur l’axe Z. Ces valeurs correspondent aux limites théoriques liées aux pas moteurs et à la mécanique de la machine. En conditions réelles, la précision dimensionnelle sur des pièces techniques est plutôt de l’ordre de ±0,1 mm, ce qui reste très respectable pour une imprimante grand format FDM. Sur des petits objets, cette précision se compare sans rougir à des modèles de taille plus modeste, à condition que la machine soit bien calibrée.

Sur des pièces plus grandes, de 200 à 300 mm de long, on observe parfois de légers écarts supplémentaires, souvent dus à la dilatation thermique, à la tension des courroies ou à un plateau légèrement voilé. Pour des projets où la tolérance dimensionnelle est critique (assemblages mécaniques, pièces interchangeables), il peut être judicieux de prévoir une marge de sécurité dans vos modèles 3D et de réaliser quelques impressions de test. En revanche, pour des pièces décoratives, cosplay ou maquettes architecturales, la précision offerte par la Chiron est largement suffisante et vous permettra de produire des volumes impressionnants.

Résolution de couche minimum 0,05 mm

L’Anycubic Chiron annonce une hauteur de couche minimale de 0,05 mm (50 microns) et une valeur maximale de 0,3 mm. Imprimer à 0,05 mm sur un volume aussi grand est théoriquement possible, mais peu réaliste sur le plan pratique : les temps d’impression deviennent vite astronomiques, surtout si vous exploitez toute la surface de 400 x 400 mm. Pour la plupart des usages, une hauteur de couche de 0,16 à 0,24 mm constitue un excellent compromis entre qualité visuelle et durée de fabrication.

Lorsque la machine est correctement réglée, les couches restent bien régulières et les artefacts liés à la variation de hauteur sont rares. Les lignes de couches demeurent visibles, comme sur toute imprimante FDM, mais restent relativement discrètes sur des pièces en PLA ou PETG de couleur unie. Pour des modèles d’exposition ou des figurines grand format, vous pouvez descendre ponctuellement à 0,1 mm pour lisser davantage les courbes, au prix de temps d’impression nettement plus longs. Globalement, la Chiron tient sa place face aux autres imprimantes FDM grand format en termes de résolution verticale.

Vitesse d’impression maximale à 80 mm/s

Officiellement, la Chiron peut monter jusqu’à 100 mm/s, mais en pratique, une vitesse de 60 à 80 mm/s représente déjà un plafond raisonnable si vous souhaitez conserver une bonne qualité d’impression. Sur une structure de ce volume, pousser la vitesse au-delà revient un peu à conduire un SUV à 200 km/h : c’est possible sur le papier, mais les compromis sur le confort et le contrôle deviennent immédiatement visibles. Les mouvements rapides peuvent provoquer du ringing (oscillations autour des arêtes) et accentuer les vibrations du portique.

En usage courant, beaucoup d’utilisateurs se stabilisent autour de 50–60 mm/s pour les périmètres et 70–80 mm/s pour l’infill, avec des accélérations limitées. À ces valeurs, l’Anycubic Chiron offre une productivité convenable tout en préservant la géométrie des pièces. Pour les impressions très détaillées ou les matériaux plus exigeants comme l’ABS et le TPU, descendre à 40 mm/s permet souvent de gagner en régularité. La vraie force de la Chiron, ce n’est pas tant la vitesse brute que sa capacité à imprimer de gros volumes en continu pendant 20, 30 ou 40 heures sans interruption majeure, à condition de respecter ces limites de vitesse réalistes.

Qualité de surface et gestion des détails fins

Sur des modèles décoratifs ou des pièces organiques, la qualité de surface de l’Anycubic Chiron se révèle très correcte, surtout en PLA et PETG. Les surfaces planes sont généralement propres, avec peu de banding visible si l’axe Z est correctement aligné et si les drivers moteurs ne surchauffent pas. Les détails fins, comme les petits textes en relief ou les motifs géométriques, sont bien restitués jusqu’à une certaine échelle, mais il ne faut pas oublier que nous restons sur une buse standard de 0,4 mm adaptée aux pièces moyennes à grandes.

Pour des micro-détails, une imprimante résine restera sans surprise bien plus performante. Néanmoins, la Chiron permet déjà de produire des maquettes, bustes ou figurines de grande taille avec un niveau de détail très appréciable, surtout après un léger post-traitement (ponçage, apprêt, peinture). Les zones surplombées (overhangs) restent correctement gérées jusqu’à 50–60° avec un refroidissement bien optimisé, même si le blower d’origine montre ses limites sur des bridges très longs. En résumé, la qualité de surface est au rendez-vous pour un usage maker avancé, tout en gardant à l’esprit les contraintes inhérentes au FDM grand format.

Assemblage et calibration initiale du chiron

Une imprimante 3D de 400 x 400 x 450 mm mal montée ou mal calibrée peut vite devenir une source d’ennuis. L’Anycubic Chiron arrive en kit semi-préassemblé, ce qui réduit le temps de montage, mais demande tout de même rigueur et méthode. Avant de lancer votre première impression XXL, il est crucial de prendre le temps de vérifier la géométrie du portique, la tension des courroies et la configuration du système de nivellement automatique. Un bon montage initial, c’est un peu comme de bonnes fondations pour une maison : vous évitez une foule de problèmes plus tard.

Montage du portique en profilés aluminium 4040

Le châssis de la Chiron repose sur des profilés aluminium 4040, plus rigides que les traditionnels 2020 ou 2040 des imprimantes plus compactes. Le portique Z arrive séparé de la base et doit être boulonné solidement de chaque côté à l’aide des vis fournies. Il est essentiel de vérifier l’équerrage entre le portique et la base : utilisez idéalement une équerre de menuisier ou mesurez les diagonales pour vous assurer que la structure n’est pas vrillée. Une erreur à ce niveau peut générer des déformations visibles sur toute la hauteur de vos impressions.

Pensez également à vérifier que les montants verticaux sont bien parallèles et que la traverse supérieure n’exerce pas de contrainte sur les deux colonnes Z. Certains utilisateurs ajoutent des renforts imprimés en 3D ou des équerres métalliques supplémentaires pour rigidifier encore l’ensemble, surtout si la machine est amenée à être déplacée régulièrement. Une fois le portique monté, assurez-vous que le chariot X coulisse librement de gauche à droite sans point dur, et que les deux vis Z montent et descendent de manière synchronisée.

Tension des courroies GT2 et alignement des axes

Les courroies GT2 jouent un rôle clé dans la précision des déplacements en X et Y. Sur la Chiron, une courroie trop lâche provoquera un jeu perceptible dans les changements de direction (ghosting, arrêtes arrondies), tandis qu’une courroie trop tendue peut user prématurément les roulements et les poulies. L’idéal est de tendre la courroie jusqu’à ce qu’elle offre une légère résistance lorsque vous la pincez, sans qu’elle ressemble à une corde de guitare. Vous pouvez vous aider d’applications de mesure de fréquence si vous souhaitez être très précis, mais un réglage « au feeling » reste suffisant pour la majorité des utilisateurs.

Profitez-en pour contrôler l’alignement des axes : la courroie doit rester parfaitement droite entre les poulies, sans frotter sur les bords. Un mauvais alignement engendre non seulement du bruit, mais aussi une usure irrégulière de la courroie et des déplacements moins précis. Sur un plateau de 400 x 400 mm, un léger défaut de parallélisme peut rapidement se traduire par plusieurs dixièmes de millimètres d’écart en bout de course. Vérifiez également que le plateau coulisse sans accroc sur l’axe Y, les roues V-slot ou roulements linéaires devant tourner librement sans jeu excessif.

Configuration du capteur de nivellement automatique

Le capteur de nivellement automatique de l’Anycubic Chiron nécessite une configuration soignée pour être fiable. Après avoir effectué un nivellement mécanique de base avec les molettes situées sous le plateau, lancez la procédure d’auto-level depuis l’écran tactile. La buse se déplacera successivement vers les 25 points de mesure prédéfinis, tandis que le capteur détectera la distance exacte avec la surface de l’Ultrabase. Pendant cette étape, vérifiez que le capteur est correctement fixé, qu’il ne bouge pas et que la buse ne vient pas heurter la vitre.

Une fois la matrice de nivellement créée, la plupart des firmwares permettent de l’enregistrer en mémoire pour une réutilisation ultérieure. Il est conseillé de répéter cette procédure si vous modifiez la surface du plateau (ajout d’un PEI, changement de verre) ou si vous déplacez sensiblement l’imprimante. Pour les utilisateurs avancés, passer sur un firmware Marlin plus récent ou sur une carte mère type SKR permet de bénéficier d’options supplémentaires, comme la visualisation détaillée du mesh ou l’utilisation de différents profils de nivellement en fonction des matériaux. Vous limitez ainsi les surprises au moment de lancer une grande impression de 30 ou 40 heures.

Calibration du z-offset et premier test d’impression

Le Z-offset est la valeur qui définit la distance exacte entre le capteur de nivellement automatique et la buse. Si cette valeur est mal calibrée, votre première couche sera soit trop écrasée, soit trop éloignée du plateau, avec à la clé une mauvaise adhérence ou un écrasement exagéré du filament. Pour régler ce paramètre, amenez la buse au centre du plateau, lancez une procédure de réglage via l’écran, puis utilisez une feuille de papier classique comme jauge. Vous devez sentir un léger frottement lorsque vous glissez la feuille entre la buse et le plateau chauffant.

Après avoir enregistré le Z-offset, réalisez un premier test d’impression, idéalement un motif de calibration de première couche couvrant une grande partie du plateau. Cela vous permettra de vérifier visuellement si la hauteur est homogène partout ou si certains coins nécessitent encore un ajustement manuel. Ne soyez pas surpris si vous devez corriger légèrement le Z-offset après une ou deux impressions : sur ce type de machine, la mise au point initiale est un processus itératif. Une fois cette étape franchie, la Chiron devient nettement plus prévisible, et vous pourrez vous lancer sereinement sur des pièces plus ambitieuses.

Points faibles et problèmes récurrents identifiés

Aussi séduisante soit-elle sur le papier, l’Anycubic Chiron n’est pas exempte de défauts, certains étant même bien connus dans la communauté. Sur une imprimante 3D grand format, ces faiblesses peuvent avoir des conséquences amplifiées, notamment sur les impressions longues durée. Mieux vaut donc connaître ces points sensibles avant l’achat, afin de les surveiller de près, voire de les corriger par des modifications ciblées. Nous allons passer en revue les principaux problèmes rapportés par les utilisateurs et observés sur le terrain.

Déformation du plateau ultrabase en verre sur grandes surfaces

Le plateau Ultrabase en verre de la Chiron offre une excellente adhérence à chaud et un décollage facilité à froid. Cependant, de nombreux utilisateurs constatent, après quelques mois d’utilisation, une légère déformation de la surface, notamment au centre du plateau. Sous l’effet des cycles répétés de chauffe à 90–100 °C et du poids du verre, le plateau peut présenter un bombement ou un creux de quelques dixièmes de millimètres. Sur de petites pièces, cela passe souvent inaperçu, mais sur des impressions occupant toute la surface, la première couche peut devenir irrégulière.

Ce phénomène est d’autant plus gênant que la compensation logicielle du nivellement automatique a ses limites. Le firmware tente de suivre la courbure du plateau, mais sur un écart important, la buse sera soit trop près, soit trop loin dans certaines zones. Comment atténuer ce problème ? Certains remplacent tout simplement le verre d’origine par une plaque neuve mieux plane, d’autres ajoutent une feuille de PEI sur une plaque d’aluminium plus rigide. Dans tous les cas, surveillez régulièrement la planéité de votre Ultrabase, surtout si vous imprimez fréquemment à haute température.

Jeu mécanique dans les roulements à billes linéaires

Selon les séries de fabrication, la Chiron utilise des roulements linéaires ou des galets V-slot pour guider le mouvement du plateau et du portique. Plusieurs retours d’expérience signalent l’apparition de jeu mécanique au niveau de ces éléments après un certain temps d’usage. Un léger jeu dans les roulements peut se traduire par des vibrations parasites, un banding vertical ou encore des dimensions moins précises. Sur une machine de cette taille, un jeu de quelques dixièmes devient vite visible sur les couches successives, un peu comme un léger désalignement sur un meuble se voit davantage quand il est très grand.

Pour limiter ce problème, il est recommandé de vérifier périodiquement le serrage des chariots et, si possible, de remplacer les roulements bas de gamme par des modèles de meilleure qualité. Certains utilisateurs optent pour des patins linéaires IGUS ou des galets en POM de meilleure facture. Vous pouvez également imprimer des supports ou tendeurs additionnels qui améliorent la tenue des chariots. Cette opération n’est pas obligatoire dès le début, mais devient intéressante si vous commencez à percevoir des artefacts récurrents sur vos impressions malgré une bonne calibration.

Surchauffe du driver moteur de l’axe Z

Un autre problème fréquemment rapporté sur l’Anycubic Chiron concerne la surchauffe du driver moteur de l’axe Z, surtout lors d’impressions longues ou dans un environnement peu ventilé. Les deux moteurs Z doivent soulever un portique conséquent, et si le courant est réglé trop haut ou que la dissipation thermique est insuffisante, le driver peut se mettre en sécurité. Résultat : l’axe Z se bloque temporairement, provoquant un décalage de couches parfois irrattrapable sur la pièce en cours.

Pour réduire ce risque, plusieurs solutions existent. La première consiste à vérifier et ajuster le courant des drivers (Vref) pour trouver un compromis entre couple suffisant et échauffement maîtrisé. La seconde est d’améliorer la ventilation de la carte mère Trigorilla, par exemple en ajoutant un ventilateur plus performant ou en orientant mieux le flux d’air. Enfin, certains choisissent tout simplement de remplacer la carte mère par un modèle plus récent type SKR avec des drivers TMC mieux refroidis, ce que nous verrons dans la partie dédiée aux upgrades. Cette amélioration peut transformer l’Anycubic Chiron en machine bien plus fiable sur le long terme.

Qualité variable du capteur de fin de filament

La Chiron est équipée d’un capteur de fin de filament censé mettre en pause l’impression lorsque la bobine est vide ou que le filament se casse. Sur le principe, c’est un vrai plus pour une imprimante 3D grand volume où les impressions peuvent durer des dizaines d’heures. Dans la réalité, certains utilisateurs remontent une fiabilité inégale de ce capteur : détections fantômes de rupture, non-détection sur certains types de filaments, ou blocages mécaniques dus à une mauvaise alimentation du filament dans le guide.

Si vous constatez des déclenchements intempestifs, vérifiez d’abord l’alignement du capteur et assurez-vous que le filament glisse librement sans frottement excessif. Il est parfois utile d’imprimer un petit guide ou support amélioré pour mieux canaliser le filament. Dans les cas extrêmes, certains choisissent même de désactiver cette fonction ou de remplacer le capteur par un modèle plus fiable. Reste que, bien configuré, cet accessoire peut vous sauver une impression longue en interrompant le travail juste avant la panne complète de filament, plutôt que de vous retrouver avec une pièce incomplète.

Modifications et upgrades recommandés

Une des forces de l’Anycubic Chiron réside dans son potentiel d’évolution. Comme beaucoup d’imprimantes 3D FDM ouvertes, elle se prête particulièrement bien aux modifications et upgrades matériels ou logiciels. Vous pouvez ainsi corriger une partie de ses faiblesses et adapter la machine à vos besoins spécifiques : impression flexible intensive, production silencieuse en appartement, ou encore précision accrue pour des pièces techniques. Examinons quelques améliorations courantes, largement éprouvées par la communauté.

Installation d’un extrudeeur BMG ou hemera E3D

Bien que l’extrudeuse Titan d’origine fasse globalement le travail, remplacer ce système par un BMG ou un Hemera E3D peut apporter un gain notable en fiabilité et en contrôle du filament. Le BMG, en configuration Bowden ou direct drive, offre un double engrenage très précis et une excellente gestion des filaments flexibles. L’Hemera, quant à lui, combine extrudeur et hotend dans un bloc compact, idéal pour un passage en direct drive plus rigide et plus maîtrisé. Dans les deux cas, vous améliorez la répétabilité de l’extrusion, ce qui se traduit par des couches plus régulières et moins de risques de sous-extrusion sur les longues impressions.

Cette modification demande toutefois un minimum de bricolage : supports imprimés, adaptation de la hauteur du capteur de nivellement, recalibrage des steps/mm et parfois mise à jour du firmware. Vous devrez également tenir compte du poids supplémentaire sur l’axe X si vous optez pour un direct drive : des accélérations trop élevées pourraient accentuer le ghosting. Malgré ces contraintes, l’upgrade d’extrudeur fait partie des modifications les plus appréciées par les utilisateurs avancés de la Chiron, surtout pour ceux qui impriment beaucoup en TPU, PETG ou filaments composites.

Remplacement de la carte mère par une SKR ou duet

La carte mère Trigorilla d’origine fonctionne, mais reste limitée en termes de fonctionnalités et de confort d’utilisation. Passer sur une carte 32 bits moderne de type BigTreeTech SKR ou Duet ouvre la porte à de nombreuses améliorations : gestion plus fine des drivers, support natif de firmwares récents, connectivité réseau (Ethernet ou Wi-Fi) et meilleures possibilités de diagnostic. Une carte Duet, par exemple, permet de piloter votre Anycubic Chiron depuis un navigateur web, de surveiller les températures, de gérer les fichiers G-code et de lancer des macros de calibration avancées.

Le remplacement de la carte mère demande une bonne rigueur : repérage des câbles moteurs et capteurs, configuration du firmware (Marlin, RepRapFirmware, Klipper…), adaptation des fins de course et du capteur de nivellement. C’est une modification qui s’adresse davantage aux utilisateurs confirmés, mais qui transforme profondément l’expérience d’utilisation. Une fois la nouvelle carte installée et correctement paramétrée, la machine gagne en stabilité, en silence et en fonctionnalités, tout en corrigeant certains défauts de la Trigorilla, notamment au niveau de la gestion thermique des drivers.

Ajout de silent steppers TMC2209 ou TMC2226

Si vous souhaitez avant tout réduire le bruit de votre Anycubic Chiron, le remplacement des drivers pas à pas d’origine par des modèles silencieux TMC2209 ou TMC2226 est une excellente piste. Ces drivers, compatibles avec de nombreuses cartes mères, offrent un fonctionnement beaucoup plus discret que les A4988 ou DRV classiques. Dans une pièce de vie ou un bureau, la différence est comparable au passage d’un vieux PC bruyant à une machine moderne bien ventilée : le bourdonnement des moteurs devient à peine perceptible, et ce sont souvent les ventilateurs qui deviennent la principale source sonore.

Au-delà du confort acoustique, ces drivers apportent aussi une meilleure granularité de micro-stepping, ce qui peut améliorer la fluidité des déplacements et réduire certains artefacts de surface. L’installation implique de configurer correctement le mode UART ou standalone, de régler la tension de référence (Vref) et, parfois, de modifier quelques paramètres dans le firmware. Couplé à une carte SKR ou Duet, cet upgrade transforme la sensation globale d’utilisation, surtout si vous imprimez souvent la nuit ou dans un environnement partagé.

Optimisation du refroidissement avec ventilateurs noctua

Le refroidissement d’origine de la Chiron fait le travail, mais reste perfectible à la fois en termes d’efficacité et de bruit. Remplacer les ventilateurs de la hotend et du boîtier par des modèles Noctua (ou équivalents silencieux) permet de gagner en discrétion tout en améliorant la circulation d’air autour des composants critiques. C’est un peu comme passer d’une petite climatisation d’appoint bruyante à un système mieux dimensionné : la température reste sous contrôle, mais le niveau sonore baisse nettement.

Veillez cependant à choisir des ventilateurs compatibles en tension (12 V ou 24 V selon votre configuration) ou à utiliser des convertisseurs de tension si nécessaire. Certains utilisateurs impriment également de nouveaux ducts (guides d’air) pour optimiser le refroidissement de la pièce, notamment avec des blower plus performants pour les surplombs et les bridges. Une meilleure gestion thermique des drivers et de la hotend contribue aussi à réduire les risques de surchauffe évoqués plus haut, en particulier sur l’axe Z. Cet upgrade, relativement simple, fait partie des premières modifications recommandées pour améliorer à la fois la fiabilité et le confort d’utilisation de l’Anycubic Chiron.

Comparaif avec creality CR-10 max et artillery sidewinder X2

Sur le marché des imprimantes 3D grand format, l’Anycubic Chiron ne joue pas seule. Deux concurrentes reviennent souvent dans les discussions : la Creality CR-10 Max et l’Artillery Sidewinder X2. Toutes trois ciblent les makers et petites structures cherchant une imprimante FDM capable de produire de grandes pièces à un coût raisonnable. Comment la Chiron se positionne-t-elle face à ces références ? Et surtout, laquelle choisir selon votre profil et vos priorités ?

En termes de volume d’impression, la Chiron (400 x 400 x 450 mm) se situe entre la CR-10 Max (455 x 455 x 470 mm) et la Sidewinder X2 (300 x 300 x 400 mm). La Creality domine donc légèrement en taille brute, mais la différence ne sera réellement sensible que pour des projets extrêmes. La Sidewinder, plus compacte, se montre en revanche plus facile à intégrer dans un espace réduit et à déplacer. Sur le plan du prix, la Chiron se positionne généralement sous la CR-10 Max, tout en offrant un volume d’impression très proche, ce qui en fait une alternative intéressante pour ceux qui visent le grand format sans passer sur des budgets semi-industriels.

Côté expérience utilisateur, la Sidewinder X2 profite d’une réputation de machine « plug and play » plus marquée : montage rapide, câblage propre, extrudeur direct drive d’origine et fonctionnement relativement silencieux. La CR-10 Max, de son côté, séduit par la qualité de sa structure et la maturité de l’écosystème Creality, avec une profusion de profils d’impression, de pièces détachées et de mods documentés. La Chiron se place entre les deux : un peu plus brute de fonderie, elle demande souvent quelques ajustements (nivellement, refroidissement, drivers) pour donner le meilleur d’elle-même, mais récompense ensuite par un rapport volume/prix très compétitif.

En résumé, si votre priorité absolue est le plus grand volume possible et que vous acceptez un budget plus élevé, la Creality CR-10 Max conserve un léger avantage. Si vous recherchez un compromis entre grand format, simplicité et direct drive, l’Artillery Sidewinder X2 est une excellente candidate, avec toutefois un plateau un peu plus petit. L’Anycubic Chiron, enfin, s’adresse à ceux qui veulent un grand volume d’impression à tarif contenu et qui n’ont pas peur de mettre un peu les mains dans le cambouis pour corriger ses faiblesses. Avec quelques upgrades ciblés, elle peut tout à fait rivaliser avec ses concurrentes, voire les surpasser sur certains projets de très grande taille.