
La Creality Ender 3 V1 s’impose depuis plusieurs années comme l’une des imprimantes 3D les plus populaires du marché des machines d’entrée de gamme. Cette imprimante FDM (Fused Deposition Modeling) a révolutionné l’accès à l’impression 3D domestique grâce à son rapport qualité-prix exceptionnel et sa communauté active de passionnés. Malgré quelques défauts inhérents à sa conception budgétaire, l’Ender 3 V1 offre un potentiel d’amélioration considérable qui en fait un choix privilégié pour les débutants comme pour les utilisateurs expérimentés cherchant une base solide pour leurs projets de modifications.
Caractéristiques techniques et spécifications de la creality ender 3 V1
Dimensions du volume d’impression et résolution maximale
L’Ender 3 V1 propose un volume d’impression de 220 x 220 x 250 millimètres, offrant un espace de travail généreux pour une machine de cette catégorie tarifaire. Cette configuration permet de réaliser des projets substantiels tout en conservant un encombrement raisonnable sur votre plan de travail. La résolution maximale atteint 0,1 millimètre en hauteur de couche, permettant d’obtenir des détails fins sur vos impressions lorsque les paramètres sont correctement ajustés.
La précision de positionnement sur les axes X et Y peut atteindre 0,011 millimètre dans des conditions optimales, bien que cette valeur dépende largement de la qualité de l’assemblage et des réglages effectués. Cette résolution permet de produire des pièces fonctionnelles ainsi que des modèles décoratifs avec un niveau de détail satisfaisant pour la plupart des applications domestiques et éducatives.
Configuration du système d’extrusion directe bowden
L’Ender 3 V1 utilise un système d’extrusion Bowden avec un extrudeur déporté monté sur le châssis principal. Cette configuration présente l’avantage de réduire la masse mobile de la tête d’impression, permettant théoriquement des vitesses d’impression plus élevées et des accélérations plus importantes. Le tube PTFE de 4 millimètres de diamètre intérieur guide le filament depuis l’extrudeur jusqu’à la hotend.
Cependant, ce système introduit également des défis spécifiques, notamment une rétraction plus complexe à régler et une perte de contrôle précis du débit lors des changements de direction rapides. La distance entre l’extrudeur et la buse, généralement comprise entre 40 et 50 centimètres selon le positionnement de la tête, influence directement les paramètres de rétraction nécessaires pour éviter le stringing et les bavures.
Analyse du plateau chauffant en aluminium et adhérence PLA
Le plateau chauffant en aluminium de l’Ender 3 V1 peut atteindre une température maximale de 110°C, suffisante pour l’impression de PLA, PETG et ABS dans des conditions appropriées. La surface d’impression d’origine, généralement recouverte d’un BuildTak ou d’un revêtement similaire, offre une adhérence correcte pour le PLA mais peut s’avérer problématique avec certains autres matériaux.
L’uniformité de température sur l’ensemble du plateau constitue souvent un point faible de cette machine. Les variations peuvent atteindre 5 à 10°C entre le
zones centrales et les bords du plateau, ce qui peut provoquer du warping sur les grandes pièces, en particulier avec le PETG et l’ABS. Sur une Ender 3 V1 bien réglée, ces écarts restent toutefois gérables pour la plupart des utilisations domestiques. Pour améliorer l’adhérence du PLA, beaucoup d’utilisateurs remplacent la surface d’origine par un plateau PEI flexible ou une plaque en verre texturé, ce qui facilite aussi le décollage des pièces une fois le plateau refroidi.
Dans une optique d’impression 3D fiable au quotidien, il est recommandé de maintenir le plateau autour de 55‑60°C pour le PLA et de 70‑80°C pour le PETG, en ajustant au besoin selon le filament. L’utilisation d’une fine couche de colle en bâton ou d’un produit spécialisé type Magigoo peut stabiliser l’adhérence, surtout pour les grandes empreintes au sol. En résumé, le plateau chauffant en aluminium de l’Ender 3 V1 constitue une base correcte, mais demande quelques ajustements et bonnes pratiques pour exploiter pleinement son potentiel.
Firmware marlin 1.1.9 et compatibilité g-code
La Creality Ender 3 V1 est livrée d’origine avec un firmware basé sur Marlin 1.1.9, adapté aux cartes mères 8 bits classiques (v1.1.3, v1.1.4 ou v1.1.5 selon les séries). Ce firmware prend en charge les commandes G-code courantes générées par des slicers comme Cura, PrusaSlicer ou Simplify3D, ce qui garantit une compatibilité très large. Pour un usage standard en PLA et PETG, la configuration d’usine reste globalement suffisante, à condition que les paramètres de votre profil d’imprimante soient cohérents avec ceux de la machine.
Pour les utilisateurs plus avancés, l’un des grands atouts de l’Ender 3 V1 est la possibilité de flasher un firmware Marlin personnalisé. En installant un bootloader via un Arduino ou un programmateur ISP, vous pouvez par exemple activer la sauvegarde du mesh de nivellement, les protections thermiques avancées, ou encore le support d’un BLTouch / CR Touch. Certains vont plus loin en installant des firmwares alternatifs comme Klipper, qui déportent une partie des calculs sur un Raspberry Pi pour des vitesses d’impression accrues et un contrôle plus fin de la cinématique.
En pratique, si vous débutez avec l’Ender 3 V1, il peut être judicieux de vous familiariser d’abord avec la machine en configuration d’origine. Une fois que vous maîtrisez le nivellement, la première couche et les bases du slicer, mettre à jour Marlin vers une version récente (2.x) devient réellement intéressant pour débloquer de nouvelles fonctionnalités. Gardez à l’esprit qu’une mise à jour firmware doit toujours être réalisée avec précaution, en vérifiant que les paramètres matériels (dimensions, steps/mm, sens des moteurs) sont correctement définis, sous peine de dysfonctionnements mécaniques.
Structure en profilés aluminium 2020 et stabilité mécanique
La structure de la Creality Ender 3 V1 est constituée de profilés aluminium 2020, une solution économique mais étonnamment rigide pour cette gamme de prix. Le bâti en forme de portique assure une bonne stabilité de l’axe X, tandis que le plateau se déplace sur l’axe Y via des roulettes en V guidées par les rainures du profilé. Comme souvent sur les imprimantes 3D FDM d’entrée de gamme, une partie de la qualité d’impression dépendra directement de la qualité de l’assemblage : un châssis mal équerré se traduira par des couches décalées, des wobble sur l’axe Z ou des vibrations parasites.
Pour tirer le meilleur parti de cette structure, il est important de vérifier dès le montage que les montants verticaux sont bien perpendiculaires à la base et que tous les pieds reposent à plat sur le support. Un contrôle régulier du serrage des vis et des excentriques des roulettes permet également de limiter les jeux mécaniques au fil du temps. On peut comparer cela au châssis d’une voiture : si la base est saine et bien réglée, toutes les « pièces mobiles » (axes, courroies, extrudeur) travailleront dans de bonnes conditions et produiront des impressions plus propres.
De nombreux utilisateurs renforcent encore cette stabilité avec quelques modifications simples, comme l’ajout de renforts triangulaires imprimés pour l’axe Z ou le remplacement de certaines roulettes usées. Cependant, même sans ces ajouts, la structure en profilés 2020 de l’Ender 3 V1 offre un compromis très correct entre rigidité, poids et facilité de modification. C’est l’une des raisons pour lesquelles cette imprimante est devenue une base de prédilection pour les « bidouilleurs » souhaitant expérimenter différents upgrades mécaniques ou électroniques.
Processus d’assemblage et calibration initiale de l’ender 3 V1
Montage du châssis principal et alignement des axes X-Y-Z
La Creality Ender 3 V1 est livrée en kit pré‑assemblé, ce qui signifie que les éléments les plus complexes (base avec plateau, tête d’impression) arrivent déjà montés. Votre rôle consiste principalement à assembler le portique, fixer l’alimentation, l’écran, puis connecter l’ensemble du câblage. Sur le papier, Creality annonce un montage en 30 à 45 minutes ; en pratique, si vous prenez le temps de bien aligner chaque élément, comptez plutôt une à deux heures pour une première construction sereine.
L’un des points les plus importants est l’alignement des axes X‑Y‑Z. Avant de serrer définitivement les montants verticaux, vérifiez que la base ne « balance » pas sur votre table : si un pied ne touche pas, la structure sera instable. N’hésitez pas à desserrer légèrement, à ajuster la position des montants, puis à resserrer progressivement tout en contrôlant l’équerrage. Une équerre de menuisier ou simplement un objet à bords bien droits peut vous aider à vérifier que les montants sont verticaux. Ce temps passé au départ évitera beaucoup de problèmes de décalages de couches par la suite.
Une fois le châssis principal assemblé, faites coulisser manuellement le plateau (axe Y) et la tête d’impression (axes X et Z) pour vérifier qu’aucun point dur ne gêne le mouvement. Si vous sentez une résistance marquée ou un jeu excessif, ajustez les excentriques des roulettes pour trouver le bon compromis : les chariots doivent être fermement maintenus sur les profilés, mais se déplacer sans accrocs. Pensez à cette étape comme une sorte de « rodage » mécanique, où vous assurez la fluidité de chaque mouvement avant de confier la moindre tâche d’impression à votre Ender 3 V1.
Installation de l’extrudeur MK8 et réglage de la tension courroie
L’extrudeur de type MK8 de l’Ender 3 V1 est généralement pré‑monté sur le châssis, mais il peut être nécessaire de vérifier sa fixation et la tension du ressort qui presse le filament contre la roue crantée. Un ressort trop lâche provoquera des sous‑extrusions, tandis qu’un ressort trop serré pourra marquer excessivement le filament et générer des bourrages. En pratique, on cherche un point d’équilibre où le filament est fermement entraîné sans être écrasé. Vous pouvez tester cela en chargeant manuellement du filament et en observant s’il avance de manière régulière lorsque vous faites tourner la roue d’entraînement.
La tension des courroies X et Y joue également un rôle crucial dans la précision des déplacements. Sur la version V1, l’ajustement se fait en desserrant légèrement les supports d’axes ou les tendeurs, puis en tirant pour mettre la courroie sous tension avant de resserrer. Comment savoir si la tension est correcte ? Une analogie souvent utilisée consiste à comparer la courroie à une corde de guitare : en la pinçant, elle doit produire un petit « twang » perceptible, signe qu’elle n’est ni trop lâche ni excessivement tendue. Des courroies trop détendues se traduiront par des contours flous et du ghosting (ombres), tandis que des courroies trop tendues peuvent user prématurément les roulements.
Après réglage, déplacez manuellement le plateau et la tête d’impression sur toute la course des axes pour vous assurer que la tension reste uniforme et que rien ne coince. Ces vérifications d’assemblage peuvent sembler fastidieuses, mais elles sont déterminantes pour la réussite de vos premières impressions 3D. Une Ender 3 V1 correctement montée peut produire des résultats étonnamment proches de machines plus onéreuses, à condition que la base mécanique soit saine.
Configuration du capteur de fin de filament et butées mécaniques
Sur la version de base de l’Ender 3 V1, Creality ne fournit pas de capteur de fin de filament d’origine. Cependant, de nombreux kits d’upgrade existent pour ajouter cette fonctionnalité, en particulier si vous avez remplacé la carte mère par un modèle plus récent (type Creality 4.2.7 ou SKR Mini E3). L’installation consiste généralement à fixer le capteur sur le châssis, avant l’extrudeur Bowden, puis à connecter son câble sur le port dédié de la carte. Une fois le firmware configuré, l’imprimante pourra mettre l’impression en pause lorsque le filament arrive en fin de bobine, vous offrant la possibilité de le remplacer sans perdre votre pièce.
En revanche, les butées mécaniques (endstops) X, Y et Z sont bien présentes d’origine et doivent être correctement positionnées. Vérifiez que chaque interrupteur est solidement fixé et qu’il est déclenché au bon moment lorsque l’axe vient en butée. Si un endstop est mal aligné, la procédure de homing peut forcer contre le châssis ou, au contraire, s’arrêter trop tôt, faussant toutes les coordonnées. N’hésitez pas à lancer un G28 (home all axes) après montage et à observer attentivement le comportement de la machine pour corriger si besoin la position de ces butées.
Pour l’axe Z en particulier, le positionnement du endstop influence directement la hauteur de la première couche. Si vous constatez que votre buse vient « racler » le plateau malgré un réglage raisonnable des molettes de nivellement, il peut être utile de remonter très légèrement le endstop Z. À l’inverse, si vous n’arrivez pas à rapprocher suffisamment la buse du plateau même en vissant au maximum les molettes, abaissez un peu le endstop. Cette étape de fine calibration peut demander quelques allers‑retours, mais elle conditionne la réussite du nivellement manuel du plateau.
Procédure de nivellement manuel du plateau avec les vis de réglage
Le nivellement manuel du plateau est sans doute la phase la plus délicate pour les débutants sur Ender 3 V1, mais elle devient rapidement un geste routinier. L’objectif est simple : s’assurer que la distance entre la buse et le plateau est identique sur toute la surface d’impression. Pour cela, la machine est équipée de quatre grandes molettes situées sous les coins du plateau, qui compriment des ressorts (ou des plots silicone si vous les avez remplacés) afin d’ajuster la hauteur locale du lit.
La méthode classique consiste à placer une simple feuille de papier (80 g/m²) entre la buse et le plateau. Après avoir effectué un home complet (G28), désactivez les moteurs via le menu afin de pouvoir déplacer librement la tête. Amenez-la au dessus de chaque coin, en commençant généralement par l’avant gauche, et serrez ou desserrez la molette jusqu’à ressentir une légère résistance en faisant glisser la feuille. La friction doit être perceptible mais pas au point de bloquer la feuille : si vous devez tirer fort, la buse est trop proche ; si vous ne sentez rien, le plateau est trop bas.
Une fois les quatre coins réglés, il est important de refaire un second tour complet, puis de vérifier le centre du plateau. Pourquoi ? Parce que chaque ajustement influence légèrement l’ensemble du plan, surtout si les ressorts sont encore durs. Sur une Ender 3 V1 bien entretenue, ce réglage ne devrait pas être nécessaire avant chaque impression, mais il reste recommandé de le contrôler régulièrement, en particulier après un transport, un changement de buse ou une intervention mécanique. Vous pouvez aussi imprimer une « mesh bed level test » (fichier disponible sur les plateformes de modèles 3D) pour visualiser rapidement les variations de hauteur sur la surface.
Réglages critiques pour optimisation des impressions PLA et PETG
Calibration de la température hotend pour filaments prusament et eSUN
Pour obtenir de bons résultats en impression PLA et PETG sur Ender 3 V1, la calibration de la température de la hotend est un paramètre central. Même si les fabricants indiquent des plages de température sur les bobines, la réalité de votre machine (sonde de température, flux d’air, type de hotend) peut nécessiter quelques ajustements. Par exemple, un PLA Prusament donne généralement de très bons résultats entre 200 et 215°C, tandis qu’un PLA eSUN pourra préférer une plage légèrement plus basse, autour de 195‑205°C, pour limiter les fils (stringing) et améliorer les ponts.
Pour le PETG, les deux marques fonctionnent souvent mieux à des températures plus élevées, entre 230 et 245°C, selon la couleur et la formulation. Une bonne approche consiste à imprimer une « tour de température », un modèle qui change de consigne tous les quelques millimètres de hauteur. En observant la netteté des détails, la brillance de la surface et la présence de fils, vous identifiez rapidement la plage idéale pour votre filament sur votre Ender 3 V1. Cette démarche, un peu fastidieuse au départ, vous fera gagner beaucoup de temps ensuite, notamment si vous jonglez entre plusieurs marques de filaments.
N’oubliez pas que la température du plateau et la ventilation de pièce jouent aussi un rôle. En PLA, un plateau à 55‑60°C avec ventilation à 100 % donne souvent de bons résultats en termes de détail et de surplombs. En PETG, en revanche, il est recommandé de réduire un peu la ventilation (30‑50 %) pour éviter les problèmes d’adhérence inter‑couches, tout en maintenant un plateau entre 70 et 80°C. Là encore, rien ne remplace quelques tests sur des pièces simples pour valider vos réglages avant de lancer des impressions longues.
Ajustement du débit d’extrusion et multiplicateur de filament
Le débit d’extrusion, ou flow, détermine la quantité de filament réellement poussée par l’extrudeur par rapport à la valeur théorique prévue dans le G-code. Sur l’Ender 3 V1, comme sur toutes les imprimantes FDM, un flow mal calibré entraîne des surfaces irrégulières, des murs trop fins ou au contraire boursouflés, et des dimensions finales imprécises. La première étape consiste à calibrer les steps/mm de l’extrudeur : marquez 120 mm de filament, demandez une extrusion de 100 mm via le menu ou un G-code, puis mesurez ce qu’il reste. Si la machine n’a extrudé que 95 mm, il faudra augmenter les steps/mm proportionnellement.
Une fois cette base mécanique ajustée, vous pouvez affiner le multiplicateur de filament directement dans votre slicer (souvent appelé « Flow » ou « Débit »). Une méthode simple consiste à imprimer un cube de calibration sans dessus, avec une seule paroi, puis à mesurer l’épaisseur de ce mur avec un pied à coulisse. Si votre buse fait 0,4 mm et que vous obtenez 0,44 mm, le flow est trop élevé ; s’il affiche 0,36 mm, il est trop bas. Ajustez par petites touches (1 à 2 %) jusqu’à obtenir une valeur proche de l’épaisseur théorique. Cette étape est particulièrement importante pour le PETG, qui a tendance à plus « gonfler » que le PLA à débit équivalent.
Un flow correctement réglé offre plusieurs avantages : pièces mécaniques plus dimensionnellement correctes, surfaces plus lisses, meilleure précision des emboîtements et réduction des sur‑extrusions sur les petits détails. Vous hésitez à vous lancer dans ces mesures ? Voyez cela comme l’étalonnage d’une imprimante papier : une fois la procédure effectuée, vous n’aurez pas à y revenir souvent, sauf changement majeur de hotend ou d’extrudeur.
Configuration des paramètres de rétraction dans cura et PrusaSlicer
Sur une Ender 3 V1 en configuration Bowden, les paramètres de rétraction sont cruciaux pour limiter le stringing, ces petits fils de plastique qui relient les différentes parties d’une pièce. Dans Cura comme dans PrusaSlicer, la distance de rétraction pour un système Bowden se situe généralement entre 4 et 6 mm pour du PLA, avec une vitesse autour de 35 à 45 mm/s. Pour le PETG, on tend à réduire légèrement la distance (3,5 à 5 mm) et parfois la vitesse, car ce matériau a tendance à « coller » davantage à l’intérieur du tube PTFE.
Un bon point de départ pour le PLA sur Ender 3 V1 peut être une rétraction de 5 mm à 40 mm/s, en activant l’option « Rétraction au changement de couche ». Dans PrusaSlicer, pensez à choisir un profil d’imprimante générique type « Ender 3 » puis à adapter les distances de rétraction dans l’onglet Extrudeur. En cas de persistance de fils malgré ces réglages, il peut être utile de légèrement augmenter la température de la buse pour faciliter la coupe nette du filament, ou de jouer sur l’option « coasting » / « essuyage » si votre slicer le permet.
Là encore, l’impression de tours de rétraction dédiées permet de tester rapidement différentes combinaisons de distance et de vitesse. En observant à quel moment les fils disparaissent ou deviennent acceptables, vous définissez un compromis adapté à votre filament et à votre Ender 3 V1. Gardez en tête que des rétractions trop agressives peuvent provoquer des bouchages, notamment avec le PETG : si vous entendez l’extrudeur « claquer » ou si la buse finit par se boucher après de nombreuses petites rétractions, réduisez légèrement les valeurs.
Optimisation de la vitesse d’impression et accélération des axes
La fiche technique de la Creality Ender 3 V1 indique des vitesses d’impression théoriques pouvant aller jusqu’à 180 mm/s. Dans la pratique, pour une qualité d’impression 3D acceptable en PLA et PETG, on se situe plutôt entre 40 et 60 mm/s pour les périmètres, voire un peu plus pour le remplissage. Augmenter la vitesse au‑delà sans toucher aux accélérations et au jerk (ou junction deviation) entraîne souvent du ghosting (ondes sur les surfaces), des coins arrondis et une perte de précision globale.
Si vous souhaitez réduire les temps d’impression tout en maintenant une qualité correcte, commencez par distinguer les vitesses des différentes parties : périmètres externes plus lents (35‑45 mm/s), périmètres internes un peu plus rapides (45‑55 mm/s), remplissage et supports plus rapides (60‑80 mm/s). Dans Marlin, les accélérations par défaut sur Ender 3 V1 sont souvent conservatrices, autour de 500 à 1000 mm/s². Vous pouvez progressivement les augmenter (par exemple 1000‑1500 mm/s² sur X/Y) en surveillant l’apparition de vibrations. C’est un peu comme régler la suspension d’un vélo : plus vous roulez vite sur un chemin cahoteux, plus un bon amorti devient crucial.
Pour aller plus loin, certains utilisateurs adoptent Klipper, qui permet de pousser davantage les vitesses et accélérations grâce à une gestion plus avancée de la cinématique (Input Shaping). Cependant, même avec le firmware d’origine Marlin, une Ender 3 V1 correctement montée, avec des courroies tendues et des roulettes bien réglées, peut offrir un excellent compromis entre vitesse et qualité pour l’impression de PLA et PETG. L’essentiel est de procéder par petites étapes, en testant régulièrement sur des modèles de calibration plutôt que sur vos pièces finales.
Problèmes récurrents et solutions techniques spécialisées
Comme toute imprimante 3D FDM grand public, la Creality Ender 3 V1 présente un certain nombre de problèmes récurrents que rencontrent tôt ou tard la plupart des utilisateurs. Le plus courant reste la mauvaise adhérence au plateau lors des premières couches : pièces qui se décollent, coins qui se soulèvent (warping), ou première couche trop écrasée. Dans la majorité des cas, ces symptômes sont liés à un nivellement imparfait du plateau, une température inadaptée ou une surface d’adhérence usée. Un contrôle régulier du nivellement, un nettoyage à l’alcool isopropylique et, si besoin, l’ajout d’une fine couche de colle bâton suffisent à résoudre l’essentiel de ces soucis.
Un autre problème fréquent est le stringing et les bavures, notamment sur les filaments comme le PETG ou certains PLA de moindre qualité. Nous l’avons vu, l’ajustement des paramètres de rétraction et de la température hotend est alors primordial. Cependant, il ne faut pas négliger non plus l’état du tube PTFE et de la buse : un tube usé, marqué ou mal coupé au niveau de la hotend peut créer des zones de rétention de matière, favorisant les fils et même les bouchages. Remplacer régulièrement ces consommables, surtout si vous imprimez souvent, fait partie d’un entretien préventif raisonnable.
Enfin, certains utilisateurs se plaignent de la « marche d’escalier » sur les surfaces inclinées (effet de banding sur l’axe Z) ou de légères vagues horizontales. Ces défauts peuvent avoir plusieurs causes : courroies insuffisamment tendues, roulettes ovalisées, coupleurs Z de mauvaise qualité ou tout simplement structure mal serrée. Un diagnostic méthodique, en vérifiant un paramètre à la fois, reste la meilleure approche : commencez par la mécanique (vis, courroies, roulettes), puis examinez les paramètres du slicer (vitesse, accélérations) avant de suspecter un problème plus rare comme une alimentation instable ou un moteur stepper défectueux.
Modifications et upgrades compatibles avec l’ender 3 V1
L’un des grands atouts de la Creality Ender 3 V1 est son côté « plateforme d’expérimentation ». La communauté a développé une quantité impressionnante de modifications, payantes ou à imprimer soi‑même, permettant d’améliorer le silence, la facilité d’utilisation ou encore la qualité d’impression 3D. Parmi les upgrades les plus populaires, on retrouve l’installation d’une carte mère silencieuse (Creality 4.2.7, SKR Mini E3), le remplacement des ventilateurs par des modèles plus discrets (Noctua, Sunon), et la pose d’un plateau magnétique PEI flexible pour simplifier le retrait des pièces.
Pour ceux qui souhaitent aller plus loin, l’ajout d’un capteur d’auto‑nivellement type BLTouch ou CR Touch est également très répandu. Couplé à un firmware Marlin 2.x adapté, ce palpeur permet de mesurer automatiquement les irrégularités du plateau et de les compenser pendant l’impression. Cela ne dispense pas totalement d’un réglage manuel initial, mais réduit largement la fréquence des ajustements. Sur le plan de l’extrusion, beaucoup d’utilisateurs remplacent l’extrudeur plastique d’origine par une version en métal plus robuste, voire migrent vers un système direct drive, qui améliore la gestion des filaments flexibles au prix d’une masse mobile un peu plus élevée.
On trouve également des upgrades purement mécaniques, comme le passage à des roulettes de meilleure qualité, des tendeurs de courroie intégrés ou des renforts de structure imprimés. Certains installent un caisson autour de l’Ender 3 V1, soit pour réduire le bruit, soit pour imprimer des matériaux plus exigeants comme l’ABS en protégeant l’imprimante des courants d’air. Avant de vous lancer dans une liste d’achats interminable, posez‑vous cependant la question suivante : quel est votre objectif principal ? Gagner en silence, en vitesse, en fiabilité, ou simplement apprendre ? Les meilleures modifications sont celles qui répondent à un besoin concret de votre usage.
Performance comparative face aux prusa i3 MK3S+ et artillery sidewinder X1
Face à des machines plus haut de gamme comme la Prusa i3 MK3S+ ou la Artillery Sidewinder X1, où se situe réellement la Creality Ender 3 V1 ? En termes de volume d’impression, l’Ender 3 V1 (220 x 220 x 250 mm) reste légèrement en dessous de la Sidewinder X1 (300 x 300 x 400 mm), mais comparable à la Prusa. Du point de vue de la qualité d’impression pure, une Ender 3 V1 bien montée et correctement réglée peut produire des résultats étonnamment proches de ces concurrentes, surtout en PLA et PETG. La différence se joue davantage sur la constance, la facilité d’utilisation et les fonctionnalités avancées.
La Prusa i3 MK3S+ se distingue par son écosystème très abouti : profils de slicer parfaitement optimisés, capteurs de filament intégrés, récupération d’impression après coupure, calibration automatique du plateau par maillage, et surtout un contrôle qualité rigoureux en sortie d’usine. En comparaison, l’Ender 3 V1 demande plus de temps, de patience et de réglages manuels pour atteindre un niveau de fiabilité similaire. On peut dire qu’une Prusa est pensée comme un outil prêt à produire, là où une Ender 3 V1 est plutôt une base à apprivoiser et à améliorer au fil du temps.
La Artillery Sidewinder X1, quant à elle, propose d’origine un extrudeur en direct drive, un grand volume d’impression et une électronique plus moderne, avec des drivers silencieux. Pour un utilisateur cherchant à imprimer de grandes pièces avec un bruit réduit, elle peut sembler plus attractive qu’une Ender 3 V1 stock. Cependant, son tarif supérieur et une communauté un peu moins massive que celle de l’Ender peuvent entrer en ligne de compte. Sur le long terme, le coût total d’une Ender 3 V1 « full upgrade » peut se rapprocher du prix de ces machines plus haut de gamme, d’où l’intérêt de bien définir vos priorités avant d’investir dans une pluie de modifications.
En résumé, la Creality Ender 3 V1 ne rivalise pas directement avec une Prusa i3 MK3S+ sur le plan du confort d’utilisation clé en main, ni avec une Sidewinder X1 sur le volume d’impression. En revanche, elle reste l’une des imprimantes 3D les plus intéressantes pour qui veut comprendre en profondeur le fonctionnement d’une machine FDM, apprendre à régler chaque paramètre et construire progressivement un outil taillé sur mesure. C’est précisément cette capacité d’évolution, portée par une communauté immense, qui explique pourquoi l’Ender 3 V1 continue de séduire, même plusieurs années après sa sortie.